L'émergence des prénoms arabes
À ces différentes sources linguistiques s'ajoute aujourd'hui l'arabe. Cette langue sémitique assez proche de l'hébreu apparaît de plus en plus souvent dans les prénoms déclarés à notre état civil. C'est le résultat de l'importante proportion des familles d'origine maghrébine dans la population française. Ces prénoms sont, pour une grande partie, issus de la tradition coranique et ont souvent une connotation religieuse. Toutefois de nombreux prénoms arabes courants sont antérieurs à la religion musulmane et, comme beaucoup de prénoms latins ou germaniques, se rapportent à la grâce féminine ou aux qualités viriles. Certains d'entre eux (c'est le cas de Yasmina, par exemple) commencent du reste à se répandre hors de leur milieu d'origine.
Les prénoms et la loi
La loi, parue au Journal Officiel du 8 janvier 1993, ne met plus de bornes au libre choix des parents. Elle précise cependant que, lorsque l'officier d'état civil juge que les prénoms choisis ou l'un d'eux " sont contraires à l'intérêt de l'enfant ", il doit en aviser sans délai le procureur de la République qui pourra saisir le juge des affaires familiales. C'est ce dernier qui sera chargé de trancher. Si lui aussi estime que le ou les prénoms ne sont pas conformes à l'intérêt de l'enfant, il peut en ordonner la suppression des registres de l'état civil et demander aux parents de faire un autre choix. À défaut, c'est lui qui attribuera à l'enfant un nouveau prénom. Une circulaire administrative évoque des cas pouvant justifier cette procédure : signification ou consonnance ridicule, péjorative ou grossière, trop grande complexité orthographique, référence à un personnage contesté de l'actualité, prénom formé sur un patronyme qui pourrait constituer une usurpation de nom...
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